Hello my name is… Stéphane Ubéda

Stéphane Ubéda est le directeur du centre Inria de Rennes, l’institut de recherche en sciences du numérique qui promeut l’excellence scientifique au service du transfer technologique et de la société. Nous l’avons rencontré !

Avant d’être nommé directeur du centre Inria de Rennes, Stéphane Ubéda a d’abord été professeur d’université rattaché à l’INSA Lyon, puis directeur d’un laboratoire de recherche lyonnais affilié à Inria. Après ce mandat de dix ans, il rejoint le comité de direction d’Inria pour déployer une activité transversale sur le développement technologique tant sur le volet logiciel que sur celui des plateformes. Stéphane Ubéda a toujours réalisé ses travaux de recherche au sein d‘équipes Inria, un historique qui l’a mené à la direction du centre de Rennes.

Saviez-vous d’ailleurs qu’on ne dit plus l’INRIA mais « Inria » ? L’acronyme de l’« Institut national de recherche en informatique et en automatique » est aujourd’hui devenu un nom commun, et désigne plus largement leurs missions de recherche en sciences du numérique.

© Inria / Photo J.-M. Ramès

Inria, un institut public avec une forte autonomie

Si on devait le présenter en quelques mots, nous vous dirions qu’Inria est un institut disciplinaire spécialisé dans ce qu’on appelait alors l’informatique et les mathématiques appliquées (aujourd’hui le numérique), des modèles mathématiques jusqu’à leur application informatique.

A contrario d’autres organismes publics de recherche, comme l’INSERM ou le CNRS, Inria ne cherche pas à s’installer sur tout le territoire : « Nous mettons nos forces à des endroits limités. Nous n’avons que huit implantations. Pendant très longtemps, il n’y en avait que cinq et nous sommes passés à huit à la demande du gouvernement il y a une quinzaine d’années. » Le site de Rennes a d’ailleurs presque 40 ans !

Autre spécificité : « lorsqu’on s’implante quelque part, on construit des bâtiments et on réunit les postes administratifs pour assurer le soutien aux chercheurs ». Stéphane Ubéda est à la fois le représentant en région du PDG, le responsable de la coordination scientifique et le responsable hiérarchique de tous les services d’appui qui vont aider les chercheurs : « nous concentrons ainsi tous les moyens et les prises de décisions à un seul endroit ». En conséquence, chaque centre dispose d’une très forte autonomie tout en respectant le plan stratégique global décidé à l’échelle nationale. « Ce qui nous donne une capacité de réagir très rapidement, et de façon agile. »

L’économie au coeur de la recherche

Dès sa création, Inria est rattaché à deux ministères : celui de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et celui de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique. Cette double tutelle qui mêle ces deux terrains de la recherche et de l’économie, parfois éloignés, « a mené à un axe fort orienté vers l’impact économique, le transfert vers les entreprises et la création de startups. Cela fait partie des gènes de l’institut. »

Ainsi, chaque nouvelle équipe de recherche doit présenter à la fois son programme scientifique et des objectifs d’impact socio-économique en lien avec les partenaires industriels et les problèmes de société auxquels répondre. « Maintenant c’est très à la mode, mais 30 ans en arrière c’était plutôt original ». Pour continuer à avoir ce temps d’avance, Inria a mis l’accent sur la création de startups, « environ une dizaine par an ».

C’est dans cette droite ligne qu’InriaTech a été initié — à Rennes et à Lille pour le moment, bientôt à Bordeaux, Paris et Sophia Antipolis. « C’est un ensemble d’ingénieurs disponibles pour réaliser des preuves de concept [NDLR : ou « proof of concept » en VO] à la demande d’entreprises sur des temps très courts. » Auparavant, la mise en place d’expérimentations de ce type nécessitait un processus long de plusieurs mois, notamment parce qu’il fallait embaucher de nouveaux ingénieurs. « Grâce au dispositif InriaTech, les ingénieurs sont déjà là. Ils attendent d’avoir des contrats et travaillent sur des sujets en intercontrats. Ils peuvent démarrer assez vite et accepter des missions courtes ».

Cependant, et Stéphane Ubéda y tient : « notre mission première est de produire des connaissances scientifiques. Nous ne faisons pas une recherche qui est conduite par la demande, mais qui répond à des problèmes et pour lesquels nous avons une solution scientifique. Nous voulons accompagner les entreprises dans leur R&D ».

Des liens forts avec son écosystème local

Si Inria Rennes n’a pas de frontière et collabore à l’international, sa priorité est d’ « irriguer le tissu économique breton », notamment via le dispositif InriaTech soutenu par la Région et Rennes Métropole. Cette irrigation est d’ailleurs à double sens : les centres Inria ne sont pas hyperspécialisés, mais « l’écosystème (les entreprises, les partenaires industriels,…) colore notre champ d’intervention ». A Rennes, il a traditionnellement été orienté autour de l’image (reconnaissance visuelle, analyse d’images…), de la robotique ou encore de la cybersécurité. Ainsi, des équipes pluripartenaires sont déployées en local, avec des chercheurs de l’Université Rennes 1, du CNRS, de l’INSA Rennes ou de Centrale Supélec pour ne citer que les principaux.

Et puis, pour Stéphane Ubéda, être présent dans l’écosystème rennais, c’est aussi s’impliquer et participer activement à des évènements « qui font vivre une ville comme Rennes, qui a mis le numérique à l’honneur». Et justement, Inria Rennes, à partir de cette année, contribue à l’organisation de La Digital Tech Conference. « Il est beaucoup plus facile d’organiser des points de rencontre avec le grand public ou avec les entreprises. C’est un mariage de tout, et une belle aventure ».

Rendez-vous le 30 novembre prochain à l’Opéra de Rennes ?