[inOut] Les enjeux de la mobilité urbaine et durable dans le monde

Du 28 au 31 mars, inOut rassemblera à Rennes des professionnels du numérique et de la mobilité du monde entier pour explorer les modes de déplacement de demain.
Rencontre avec Marion Hoyez, chargée de projets à CODATU (Coopération pour le développement et l’amélioration des transports urbains) qui interviendra sur la mobilité urbaine durable dans les villes des pays en développement.

CODATU est une ONG créée il y a près de 40 ans — elle les fêtera d’ailleurs l’année prochaine, à Dakar. L’acronyme, qui signifiait à l’origine Conférence de Dakar pour les transports urbains, a évolué et désigne aujourd’hui la Coopération pour le développement et l’amélioration des transports urbains.

Car CODATU a élargi son champ d’action au fil des années. L’association organisait en premier lieu des conférences internationales sur les mobilités urbaines. Puis elle s’est diversifiée, en proposant des formations à destination des professionnels (ingénieurs, urbanistes…), toujours dans le domaine de la mobilité urbaine. Enfin, depuis 2015, CODATU intervient dans des travaux de coopérations techniques en lien fort avec les acteurs locaux. Après l’Inde, l’Égypte, la Tunisie, le Pérou et le Brésil, un sixième projet vient de commencer en Colombie.

Les actions de CODATU, pour une mobilité soutenable

Marion Hoyez, chargée de projets à CODATU, explique : « nous ne sommes pas un bureau d’études, nous intervenons sur le soft, en partenariat avec l’Agence française de développement (AFD) ». L’ONG apporte notamment son expertise en amont de la définition de la stratégie de mobilité et du plan de déplacement urbain (comme l’ajout d’un mode de transport ou d’une ligne de tramway). CODATU peut aussi accompagner les acteurs locaux dans l’insertion multimodale urbaine, ou en d’autres termes l’articulation optimale entre les différents modes de transports, existants et nouveaux.

Enfin, l’association participe à l’intégration institutionnelle de la mobilité urbaine — c’est-à-dire à la mise en place d’une autorité unique, en charge de la régulation ou encore du financement. « Aujourd’hui, le secteur est très fragmenté (le métro peut être géré par l’État fédéral et le bus par le département), ce qui empêche d’avoir une vision globale sur l’ensemble du territoire », commente Marion Hoyez.

Gare central do brasil, CODATU & mobilité urbaine

La gare de Central Do Brasil, hub moderne des mobilités

En 2017, CODATU signait une convention d’assistance technique avec l’AFD et les États de Rio de Janeiro et de São Paulo. La mission touche aujourd’hui à sa fin, après une dizaine d’ateliers participatifs, des missions d’expertise et des voyages d’étude en France des délégations brésiliennes.

« La gare de Central Do Brasil est en pleine mutation : un tram récemment mis en service, une gare située à 200 mètres d’un terminal de bus régional… mais il n’y a pas vraiment eu de réflexion sur l’intermodalité de ces modes de transports. De plus, les potentiels usagers ont peur de prendre le train ou le tram du fait de la proximité d’une des favelas de la ville, et continuent à utiliser leur voiture individuelle ».

D’importants travaux de réaménagement ont été envisagés dans et autour de la gare pour la rendre plus attractive. L’information aux voyageurs a été complètement repensée avec en fil rouge l’intermodalité et l’accessibilité. Parmi les solutions proposées : « le réseau de transport a été entièrement cartographié, et des cartes seront distribuées aux usagers. Des panneaux d’information voyageurs, notamment un écran totem, et des marquages au sol sont prévus pour faciliter le parcours des usagers et leur indiquer par exemple le prochain tram au sortir du train ». Où quand le low tech rencontre le high tech.

La gare accueille depuis mi-janvier une maison du projet. « Ce lieu a pour vocation de présenter le projet. Nous avons voulu en faire un lieu de passage avec des prises électriques et des bornes WiFi. Une boite à idées y a été installée pour que ceux qui utilisent ces modes de transports proposent des pistes d’amélioration », précise Marion Hoyez. « Le projet de réaménagement de la gare n’est pas encore mis en œuvre, mais la phase d’étude a été validée. Notre mission sur le terrain prendra fin en mars prochain, nous continuerons à suivre son évolution ».

CODATU à inOut le 29 mars prochain

Le projet brésilien sera le point de départ de l’atelier animé par CODATU, avec La Fabrique des mobilités et le Facilitateur de Mobilité. « Nous souhaitons faire le lien entre ce projet et celui de La Fabrique de mobilités : promouvoir l’ouverture des données et les points d’échange. » L’objectif : faciliter l’accès à ces données et favoriser l’innovation, à la fois pour les startups et pour les collectivités. « Le numérique n’est pas une solution mais une nouvelle façon de faire pour les collectivités, qui implique de s’approprier ces outils et de repenser ses pratiques. Le numérique doit répondre à des besoins locaux et ne peut pas être conçu comme une solution « clé-en main », hors-sol », conclut Marion Hoyez.

L’atelier co-animé à Rennes par Marion Hoyez, Gabriel Plassat et Julien De Labaca visera donc à ouvrir la discussion sur les contraintes et les obstacles rencontrés, mais aussi sur les enjeux et les opportunités pour les citoyens, les entreprises innovantes et les collectivités. Pour en savoir plus, suivez le programme !