[InOut] Vers une multiplication des véhicules partagés ?

Du 14 au 18 mars, inOut a rassemblé des professionnels du numérique et de la mobilité du monde entier pour réfléchir sur les modes de déplacement de demain. L’événement, organisé par Rennes Métropole, se veut écologique : « Exit le règne de la voiture solo, le numérique booste les usages partagés de la voiture (covoiturage, autopartage, etc.) et favorise une intermodalité au travers de laquelle un voyageur peut pédaler, marcher, conduire au cours d’un même trajet. »

Pour parler de ces nouveaux usages partagés, nous avons rencontré Raphaël Morel (Uber), Maureen Houel (Coup) et Mathieu Bernasconi (Car2go).

Une mobilité tournée vers le partage

La question de la mobilité est l’un des enjeux majeurs des années qui arrivent, pour les grandes capitales comme pour dans les villes de taille moyenne. À l’heure où les discussions sur les véhicules autonomes prennent de plus en plus d’ampleur, la question de la mobilité partagée, elle, semble déjà être le fer de lance des nouveaux modes de déplacement.

« Le secteur de la mobilité est en train de vivre une vraie révolution ! On parle beaucoup des véhicules autonomes, mais au-delà de ce sujet, les différents modes de déplacements proposés en free-floating (voitures, scooters, vélos) sont très intéressants pour nos villes et pour les citadins, car ces nouveaux services permettent des déplacements sans stress et plus rapides, tout en respirant un air plus pur » explique Maureen Houel, directrice générale de Coup en France, une startup allemande qui propose des scooters électriques en partage. Installée à Paris depuis août 2017, cette filiale du groupe Bosch va tripler sa flotte de scooters d’ici deux mois.

L’objectif de ces nouveaux modes de déplacements ? Faire évoluer les comportements et les usages pour aller, peu à peu, vers l’abandon de la voiture personnelle. Mathieu Bernasconi, qui développe Car2go sur le marché français et belge, pense que les flottes en free-floating sont un maillon essentiel pour tendre vers cet objectif : « Le free-floating est pertinent dans un écosystème qui est incomplet. Aujourd’hui, il y a les transports en commun, le covoiturage, des loueurs de voitures, de l’autopartage en boucle des taxis. Cependant, on pense que cela ne couvre pas l’ensemble du spectre des besoins et que c’est en cela qu’une partie de la population est attachée à la voiture personnelle. »  

Dans le futur, des véhicules autonomes partagés ?

Au-delà des mobilités actuelles, inOut était aussi l’occasion de parler des mobilités du futur et du mode de déplacement le plus fantasmé : le véhicule autonome. Pour Raphaël Morel, directeur du développement pour Uber en France, le véhicule autonome représente l’avenir du transport : « Nous sommes convaincus que le véhicule autonome sera l’un des moyens de transport du futur et nous avons développé notre propre centre de recherche à Pittsburgh aux États-Unis pour essayer de construire cette mobilité de demain. Une mobilité qui sera plus accessible, moins chère, plus sûre et qui réduira la congestion puisque logiquement ces véhicules seront partagés. » 

Pour Uber, la collaboration sera la clé de la réussite pour cette avancée majeure que représente le véhicule autonome : « Il va falloir collaborer au mieux pour que les différentes innovations technologiques convergent vers un modèle qui soit unanimement utilisé avec la réglementation la plus constante à travers le monde entier. »

La multiplication des services de partage tend donc vers une multimodalité des usages que Raphaël Morel résume très bien : « L’idée c’est d’arriver à un service où l’utilisateur peut dire : je veux aller à cet endroit, proposez-moi la façon la plus rapide et la moins chère pour y arriver. »

Si les véhicules autonomes ne vont pas débarquer tout de suite dans nos vies, il est important de réfléchir à tous ses aspects dès à présent, notamment sur la question du partage des moyens de transport. Et vous, comment imaginez-vous les moyens de transport à l’horizon 2030 ?

 

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