Booster #6 : Previpharm veut révolutionner l’accompagnement alimentaire

Retenez le projet plus que son nom puisque Amandine Clauzon et son associée porteront bientôt leurs idées sous un autre étendard. Leur idée ? Proposer une application d’accompagnement aux courses pour faciliter le quotidien des consommateurs qui se posent des questions et veulent mieux identifier ce qu’ils ont dans leur assiette.

Un carton qui n’était pas définitivement fermé

Avec le Booster, Amandine a rouvert d’anciens cartons. À la base chercheuse en santé spécialisée en inflammation intestinale, la porteuse de projet avait travaillé à l’INRA avant d’être en thèse : « j’avais déjà été sensibilisée au côté “chercher pour trouver” et proposer des solutions pour répondre à des enjeux de société. À la fin de ma thèse, j’ai participé aux Entrepreneuriales en Franche-Comté avec le premier projet Previpharm, des biocapteurs implantables destinés aux gens qui ont la maladie de Crohn, pour diminuer le handicap social lié à la maladie. Avec ma partenaire de l’époque, on est entrées dans un incubateur. On avait également trouvé un investisseur, mais ce n’était pas le bon moment et on manquait de maturité. On a mis le projet dans un carton. “ 

Quelques mois plus tard, elle rejoint la Bretagne où elle travaille dans l’agroalimentaire et se frotte aux problématiques des industriels avec les allergènes. Parallèlement, dans sa vie privée, son fils fait un choc anaphylactique, bouclant en quelque sorte sa réflexion : ‘Je me suis rendu compte qu’il y avait des choses à faire et je me suis rappelée tout le travail fourni avec Previpharm et surtout, le pourquoi. Je faisais ça avant tout pour les patients et j’ai eu l’impression de les avoir laissé tomber’.

Une application d’accompagnement aux courses

L’arrivée en Bretagne coïncide aussi avec la rencontre d’Amandine avec l’écosystème numérique local, via son conjoint qui y travaille. L’entrepreneuse envisage alors de passer d’un projet initial invasif à un projet prédictif : ‘on est rentrés au Booster avec l’idée de développer une application pour les collectivités, comme un arbre décisionnel pour les aider à la gestion des crises (épilepsie, choc anaphylactique…) On s’est vite heurté à l’échelle des temps des collectivités bien différentes de celle d’une start-up, on a donc passé la première partie du Booster à repenser notre projet à creuser différentes pistes, par exemple un label pour les assistantes maternelles formées à accueillir des enfants malades’.

Durant le deuxième mois au Booster, on fait remarquer à Amandine que son projet est tentaculaire, mais s’en tenir à une seule idée lui semble impossible : ‘Ça ne collait pas avec ce qu’on avait en tête et au final, on a quand même décidé qu’on allait faire plusieurs produits. On a évolué et on a pris du recul : on s’est rendu compte que les allergiques n’étaient pas les seuls à avoir des besoins spécifiques dans l’assiette. Il y a d’autres maladies, mais également des choix liés à des convictions personnelles, alors qu’en France on continue à partager ses repas autour d’une table et que c’est stigmatisant de ne pas pouvoir le faire’.

L’idée d’Amandine, c’est donc de développer un ensemble d’applications destinées aux consommateurs avec des régimes spécifiques avec comme point de départ l’accompagnement à faire les courses de tout un chacun. Par exemple, si je veux manger moins de sel, mais continuer à faire mes courses au supermarché, l’application pourra me dire vers quels produits me tourner.

S’en suivra un éventail de déclinaisons pour les régimes particuliers, qu’ils fassent suite à une maladie ou à une conviction personnelle. Quant au business modèle, certaines applications seront gratuites tandis que d’autres seront accessibles via un abonnement. Côté calendrier, Amandine et son associée réfléchissent à ouvrir le projet à des associés qui pourraient apporter des compétences ou des moyens supplémentaires pour aller plus vite.

Aller plus vite, oui, mais en gardant les valeurs humaines, la rigueur, l’intégrité et l’expertise scientifique qui tiennent très à cœur la chercheuse-entrepreneuse !