Le Booster #6 : Seenetik, Game of drones

Chercheurs à l’INRIA (Institut national de recherche en informatique et en automatique) de Rennes, Nicolas Cazy et Quentin Bateux se sont rencontrés au sein de Lagadic, une équipe de recherche spécialisée dans l’asservissement visuel en robotique. « Pour faire simple, nous utilisons des informations venant de caméras pour contrôler des robots », précise le premier.

Les deux jeunes hommes, qui viennent récemment de conclure leurs thèses, se concentrent désormais sur leur projet d’entreprise : Seenetik. Focus!

L’engouement du grand public pour les drones

C’est en 2014 que la folie des drones s’est emparée du grand public en France avec 100 000 unités vendues. Les deux années suivantes, ce sont respectivement 250 000 et 400 000 unités qui ont trouvé preneur dans l’hexagone, explique Nicolas Cazy. Actuellement, 60 % du marché se situe aux États-Unis et le reste se partage entre l’Europe et l’Asie.

« Nous avons également remarqué un engouement tout particulier pour les événements organisés autour des drones, avec notamment la création de la Drone Racing League (DRL) aux États-Unis : une compétition qui réunit les meilleurs pilotes de drones. Il y a eu beaucoup de ligues amateurs et le milieu commence vraiment à se professionnaliser. »

Preuve de la croissance des courses professionnelles de drones : le million de dollars de cashprize distribué lors du World Drone Prix à Dubaï en 2016.

« Mettre en valeur nos connaissances »

L’idée de Seenetik est partie d’un constat assez simple : les pilotes de drones amateurs sont souvent limités dans l’usage de leurs machines volantes à cause de nombreux facteurs comme la météo ou la juridiction. En approfondissant un peu plus leurs recherches, les deux chercheurs de l’INRIA se rendent compte qu’il existe peu de lieux où il est possible de faire voler son drone en intérieur. D’une façon générale, le drone est une activité relativement solitaire, alors comment adapter son utilisation en groupe ?

En discutant sur le moyen dont il pourrait mettre en valeur le travail effectué au sein de leur laboratoire, Nicolas Cazy et Quentin Bateux pensent à un concept inspiré des célèbres lasers game : deux équipes de joueurs pilotent des drones à l’aide de manettes et de lunettes de réalité virtuelle, de quoi organiser de véritables batailles spatiales.

« La technologie que nous maitrisons permet d’aider au pilotage des drones. Ce qui est important aujourd’hui c’est qu’une attraction de ce type soit accessible rapidement sans passer par des heures d’initiation. Lorsqu’un drone vole, il filme ce qui l’entoure à l’aide d’une caméra que nous allons utiliser pour ajouter des éléments fictifs, explique Nicolas Cazy. Quand un drone filme un drone adverse, nous allons ajouter des éléments virtuels qui vont influencer le joueur. Si l’on tire virtuellement sur le drone ennemi, on pourra le voir vaciller, si un drone n’a plus de points de vie virtuels, il se pose automatiquement. »

Le Booster, une véritable aide pour l’aspect business

Avec une affinité majeure pour le versant technologique du projet, Nicolas Cazy et Quentin Bateux ont quand même une idée assez claire du modèle économique qu’ils veulent suivre. Pour eux, le but n’est pas d’ouvrir une salle pour exploiter le concept auquel ils ont pensé, mais de vendre la technologie créée sous forme de licence. Et le Booster les a aidés à avancer côté business. « Le Booster nous a permis de nous confronter à la réalité du terrain, précise Nicolas Cazy, c’est bien beau d’avoir un projet, mais il faut trouver à qui le vendre, comment le vendre, trouver les financements pour monter un premier prototype. Le Booster nous a forcés à nous confronter à cet aspect du projet. »

Actuellement, les deux jeunes hommes se concentrent sur la recherche de financement et d’aides et tentent d’approfondir toutes les facettes de l’écosystème économique qu’ils pourraient intégrer.

En attendant de pouvoir proposer les premières batailles de drones, ils discutent sérieusement avec de potentiels exploitants. Un projet à suivre de près pour tous les aficionados d’activités ludiques. Affaire à suivre …

cazy.nicolas[at]gmail.com

quentin.bateux[at]gmail.com