Le Booster saison #5 : Agriviz

Des images captées et analysées directement depuis les champs 

Dans le secteur de l’agriculture, la technologie opère une véritable transformation dans les habitudes des professionnels. Et c’est à cette révolution numérique que compte bien participer Aurélien Yol avec son projet : Agriviz.

Aussi pointue technologiquement que simple à comprendre, l’idée d’Aurélien Yol accompagne ce vent numérique qui souffle sur les exploitations agricoles. En effet, nombreux sont les exploitants qui équipent leurs bâtiments d’élevage et leurs champs de dispositifs de surveillance (capteurs photo ou caméras). Aurélien leur propose d’analyser automatiquement les images de surveillance et de les alerter si besoin: Agriviz leur fera gagner un temps précieux. Et plus encore.

De l’INRIA au Booster

Aurélien Yol est ingénieur à l’INRIA dans une équipe spécialisée en vision par ordinateur : « mon projet s’intègre dans un processus de transfert de ce qu’on faisait dans l’équipe, en partenariat avec cette structure. Je travaille dans le secteur agricole sur l’optimisation de la production végétale et animale. On souhaite détecter de manière très précoce quand des maladies ou des ravageurs (insectes, papillons) attaquent les cultures ».

Aurélien propose à son labo un projet de création d’entreprise en 2016  : « on s’est focalisé sur le secteur agricole par choix et par opportunité, car c’est un secteur qui connaît une grosse transformation numérique. Mais ces technologies peuvent facilement s’adapter à d’autres secteurs. À L’INRIA, on travaille également dans les secteurs aéronautiques et médicaux. »

L’objectif d’Agriviz ? Une plus grande réactivité pour éviter un maximum de pertes et la fin de certaines tâches répétitives grâce à l’automatisation des alertes : “aujourd’hui, les cultures commencent à être équipées de boîtiers et de caméras : l’exploitant se connecte sur son espace perso et regarde les images. Ça lui évite déjà de se déplacer, mais l’idée pour nous est de lui éviter de passer du temps devant son ordinateur à analyser ses images. L’analyse se fera de manière autonome et il recevra des alertes seulement en cas de besoin.”

Le Booster chahute les projets… pour la bonne cause !

Aurélien s’intéresse à tout ce qui tourne autour de l’optimisation de production. Ainsi, il a d’abord cherché à identifier les problématiques de production à forte valeur ajoutée pour l’exploitant en allant directement à la rencontre de producteurs, de coopératives et de syndicats professionnels du monde agricole. Il a pu ensuite concentrer ses efforts sur le développement de solutions répondant exactement à leurs besoins. “Au début, je voulais plutôt essayer d’aider les cultivateurs à récolter au bon moment en détectant la maturité des cultures, mais en réalité, ce n’est pas un enjeu primordial au niveau des pertes pour les professionnels. J’ai donc changé mon fusil d’épaule aux côtés des exploitants, en échangeant avec eux sur leurs besoins. »

C’est l’INRIA puis Rennes Atalante qui guide le jeune entrepreneur vers le Booster : “j’étais dans une phase ultra exploratoire, avec un profil technique et des lacunes en entrepreneuriat. Et j’étais seul ! Au Booster, j’ai été mis en relation avec mon futur associé et business developper Alban Pobla, ainsi qu’avec une entreprise qui fabrique les fameux boîtiers dont nous aurons besoin dans les champs”.

Le business model n’est pas encore défini, mais Agriviz devrait fonctionner avec un abonnement forfaitaire à l’analyse d’images : “demain on souhaite se développer sur les capteurs de vision. Dans un champ, on n’a pas accès à une énergie très puissante ou un réseau très performant pour faire transiter les images et les analyser. On convergera sans doute vers un business model où nous vendrons des logiciels d’analyse embarquée à des fabricants de boitiers/pièges connectés pour ne plus avoir de flow vidéos à faire transiter : même l’analyse serait faite en embarqué”.

Et après le Booster ?

Comme d’autres projets du Booster, Agriviz passe son été avec Start me up, le programme d’accompagnement de Rennes Atalante pour les jeunes entreprises innovantes : “Nous sommes hébergés par mon laboratoire jusqu’à la fin de l’année. Nous esperons avoir à la fin de l’été une preuve de concept sur une problématique précise pour converger ensuite vers les autres problématiques et envisager une commercialisation”.

Mais il faudra tenir compte du calendrier et s’adapter : connectée ou non, l’agriculture évolue au rythme des saisons !

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