Le Booster : dans quel but ?

Le programme d’accélération du Booster insiste sur les principes méthodologiques centraux du lean startup : agilité, esprit d’expérimentation, apprentissage continu. Pourquoi est-ce essentiel ? Car le startuper cumule les défis : il est souvent seul ou avec une petite équipe et baigné dans un environnement hautement incertain.

Cette situation génère de manière fréquente un changement majeur pour des individus qui occupaient précédemment des fonctions dans des organisations structurées et de taille significative avec de bonnes ressources. Les chalenges qui surviennent sont :

  • la rareté du temps
  • la motivation
  • la confiance

 

La réalité de l’entrepreneur

L’entrepreneur est un individu qui change de cadre et se retrouve dans une période d’apprentissage profond le faisant sortir de sa zone de confort. Les équipes sont bombardées de découvertes et pressées par l’urgence de faire aboutir leur projet qu’elles espèrent voir devenir leur future source de revenu. Les enjeux sont forts. Il faut démontrer une capacité à pouvoir simultanément apprendre et agir.

Parfois les personnes peuvent être paralysées par la somme d’actions à accomplir et par l’impression d’incompétence relative ou d’imperfection de leur projet. Il n’est pas simple de rester motivé, même pour des entrepreneurs déterminés. A cela s’ajoute le manque de temps et de ressources. Se retrouver seul change radicalement sa capacité productive, comparativement à la situation d’un job dans une organisation établie où la plupart du temps on délègue de nombreuses tâches à d’autres et on dispose d’experts à disposition. Un autre symptôme est également l’envie naturelle de l’entrepreneur de rester dans sa « bulle » et de se centrer sur sa solution, et les problèmes techniques afférents.

Pour répondre à ces enjeux, la logique d’expérimentation est un levier fondamental pour permettre aux porteurs de faire avancer leur startup sereinement et de manière organisée. Cette approche émane du Lean startup, que l’on peut tenter de synthétiser par le cercle vertueux de build / measure / learn. Le principe est de sortir de la logique de planification dans laquelle baignent les organisations conventionnelles. « Dans une startup aucun business plan ne survint au premier contact client ».

Qu’entend-on par expérimentation ?

L’expérimentation consiste tout simplement à confronter ses hypothèses de projet à la réalité du terrain. En d’autres termes, il s’agit d’adopter une démarche scientifique de l’entrepreneur où chaque hypothèse émise doit être mise en situation pour collecter de la donnée et de l’information, permettant de la valider ou de la rejeter. Dans le cas d’une startup qui est par définition à la recherche de son modèle économique, toutes les briques du modèle pourraient et devraient faire l’objet d’expérimentation. Et pour les startups numériques, la démarche d’expérimentation ira jusqu’à des éléments très opérationnels de la stratégie digitale (ex. A/B testing d’une page d’accueil).

Quels sont les bénéfices ?

L’un des avantages clés de l’expérimentation est l’apprentissage rapide. En effet, le feed-back est immédiat et la collecte de données objectives influence sensiblement la vision du projet. Progressivement les apprentissages successifs permettront de réduire les incertitudes et de valider ce qui « marche ».

Mais l’expérimentation a plusieurs autres « bénéfices cachés ». Elle place l’entrepreneur dans une démarche proactive et structurée.

Qu’est-ce qu’elle requiert ?

Du courage, de l’audace et de la méthode. Cela tombe bien car le courage et l’audace sont le propre des entrepreneurs. Et la méthode existe déjà ! Par courage on entend, celui de soumettre à un tiers un élément en cours de finalisation. Comme on dit « better done than perfect ».

Comment s’y prendre ?

En synthèse, l’idée est de bâtir un plan d’expérimentation. Il doit être nourri :

  • des questions clés du projet, des options fondamentales orientant le projet.
  • d’une manière de les confronter au terrain : une Facebook ad, une landing page, des interviews clients…
  • d’une réponse attendue
  • d’analyser et conclure les résultats
  • d’itérer si nécessaire

Pour que cela réussisse, il est indispensable d’adopter une véritable attitude d’enquêteur, d’être dans le questionnement pour trier les éléments de données collectées afin d’identifier quels sont les réels apprentissages pertinents pour la suite du projet.

Cette démarche est loin d’être naturelle. C’est pour cette raison que le Booster prévoit plusieurs ateliers pour intégrer cette démarche, incluant l’explication de la méthode, la présentation des outils potentiellement mobilisables, la formulation des hypothèses et l’analyse des résultats des expérimentations.

 

Références :

http://www.withoutmodel.com/fr/tool-box/

Blank S. (2013) Why Lean startup changes everything HBR May 2013