[InOut] Véhicules autonomes : utopie ou réalité ?

Moyen de déplacement fantasmé s’il en est, le véhicule autonome est un sujet central pour les acteurs de la mobilité. Si des tests sont actuellement mis en place un peu partout dans le monde par des opérateurs publics et privés, de nombreuses questions se posent : qui sont les acteurs de cet écosystème ? Quel cadre juridique va-t-il falloir mettre en place ? Quand vont arriver ces nouveaux véhicules sur nos routes ?

Pour parler de ces thématiques, nous avons rencontré Arnaud Julien (Keolis), Renaud Heller (Ecosys) et Raphaël Morel (Uber).

Un écosystème plus vaste qu’on ne l’imagine

Renaud Heller est directeur de projet chez Ecosys, une entreprise qui travaille notamment sur la data modélisation d’écosystèmes. Depuis 4 ans, il dirige l’accompagnement du plan Nouvelle France Industrielle — Véhicule autonome. Ce travail sur la modélisation de l’écosystème français du véhicule autonome lui a notamment permis de mettre en lumière les problématiques et les verrous liés au déploiement du véhicule autonome. L’une de ces questions concerne notamment les business sous-jacents qui vont se développer avec la mise en circulation des premiers véhicules totalement autonomes. « Aujourd’hui, on se rend compte qu’on a du mal à anticiper les différentes opportunités de business liées à l’écosystème du véhicule autonome. Nous sommes en train de définir ce qu’il va être possible de faire au niveau du transport particulier, des transports en commun et même au sein de la logistique urbaine. Les différents acteurs se demandent notamment comment ils vont pouvoir tirer de la valeur de ces nouvelles pratiques. »

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’écosystème du véhicule autonome ne se limite pas au seul secteur automobile. Parmi les acteurs qui s’intéressent de près à la question, Renaud Heller cite le groupe La Poste, la RATP et même des entreprises issues du secteur naval et de l’aéronautique.

La question cruciale de la législation

Le cadre juridique reste l’une des questions majeures lorsqu’on aborde la thématique des véhicules autonomes. « Aujourd’hui, il y a des dialogues très serrés entre les industriels et l’État pour mettre en place un cadre légal, affirme Renaud Heller. En France, toutes les entreprises et startups qui ont demandé une autorisation pour faire des expérimentations sur le véhicule autonome ont pu le faire. » Une collaboration essentielle pour faire avancer les choses de la façon la plus constructive possible ! 

Raphaël Morel, directeur du développement pour Uber en France souligne, lui aussi, l’importance de la réglementation : « Il va falloir collaborer au mieux pour que les différentes innovations technologiques convergent vers un modèle unanimement utilisé, avec une réglementation constante à travers le monde entier pour arriver à un système qui fonctionne partout sur la planète. »

Une arrivée progressive des véhicules autonomes !

Et les véhicules autonomes, c’est pour quand ? La question est sur toutes les lèvres, mais on ne peut malheureusement pas se prononcer sur une date précise. Pour Arnaud Julien, directeur Innovation & Digital au sein du groupe Keolis, il n’y aura pas de « grand soir », l’arrivée des véhicules autonomes sur nos routes se fera de manière progressive. « La vraie question, précise-t-ilc’est : basculons-nous vers un déploiement massif du véhicule autonome ? Aujourd’hui, même si le véhicule autonome est déjà là, nous sommes sur des expérimentations, sur des services qui restent limités. L’arrivée de ce nouveau moyen de déplacement va également dépendre de l’énergie déployée par les différents acteurs de ce secteur.»

De manière générale, les professionnels présents sur le salon inOut n’imaginent pas non plus un déploiement de ces nouveaux véhicules du jour au lendemain. L’écosystème va continuer de se développer, les expérimentations vont se poursuivre et, peu à peu, les véhicules autonomes seront déployés sur nos routes et dans nos villes.

 

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