Vincent Barat en 3 questions !

Avant de s’ancrer à Rennes, Vincent Barat a aussi vécu aux Etats-Unis où il a vécu un an. Nous nous sommes entretenus avec lui afin d’avoir son point de vue sur notre écosystème et, plus généralement, le système français.

Peux-tu nous en dire un peu sur ton parcours ?

J’ai connu la région rennaise au tout début de ma carrière en y occupant un poste chez Alcatel. En 2008, j’ai cofondé Capptain, une plateforme SaaS d’analytics et de push pour les applications mobiles et installé son pôle R&D à Rennes. Je voulais profiter du vivier rennais et « de la productivité des bretons« . En 2014, nous l’avons vendue à Microsoft ; j’ai quitté la capitale bretonne avec toute mon équipe pour rejoindre Seattle.

Étant « franchouillard dans l’âme » et fort de mon expérience outre Atlantique, je suis revenu un an plus tard avec le souhait d’exercer dans les domaines de la blockchain, de l’énergie et du big data. Je me suis vite rendu compte de l’intérêt de profiter des structures liant l’écosystème numérique local. Et, c’est en participant à la première édition de Smart Visions à Saint-Malo que j’ai rencontré Gilles Cadignan. Nous avons ensuite cofondé Woleet, une plateforme qui facilite l’accès à certaines fonctions de la blockchain. Puis, via La French Tech Rennes St Malo, j’ai découvert la startup Energiency dans laquelle je me suis investi financièrement et techniquement (avec du flair donc, car Energiency vient de lever 2,7M€ – ndlr).

Quelle est ta lecture de l’écosystème local ?

Le problème est le nombre de structures liées à l’entreprenariat, c’est parfois compliqué de s’y retrouver. Dans les années à venir, il faudra veiller à ce qu’elles restent complémentaires, sans se marcher sur les pieds. Cela dit, depuis mon départ, l’écosystème s’est incroyablement amélioré. La French Tech c’est l’idée du siècle ! Du fait de son réseau et de ses événements, elle est créatrice d’opportunités. C’est grâce à cela que j’ai pu rencontrer les gens dont j’avais besoin au bon moment. Ça m’a aussi permis de rester très actif et c’est pourquoi j’ai voulu participer à ce mouvement en faisant du mentoring pour divers startups. Le dynamisme en Bretagne, et à Rennes en particulier, est vraiment très, très fort !

Quelle comparaison pourrais-tu faire entre les systèmes français et américain ?

En France, nous avons toutes ces structures facilitant le démarrage des startups et qui ne sont pas simples à trouver à l’étranger. La difficulté est l’étape suivante. Vous avez votre produit, vos premiers clients et vous êtes prêt à vous développer à l’international mais ça coince ! En effet, vous avez besoin de plus de fonds et ça ne suit pas derrière.

Aux Etats-Unis, ils ne rencontrent pas ce problème, ils prennent des risques. Pour moi, la France est leur centre R&D : on crée des startups, on les développe puis on se les fait racheter par leurs grands groupes. Un investissement au bon moment de la part des banques françaises et européennes permettrait à nos startups de rester au pays…

Par contre, mes anciens collègues encore là-bas ont plus de mal à monter des startups car, entre autres, les ingénieurs demandent des salaires très élevés ce qui augmente les coûts de développement de manière considérable. Résultat, on peut y dénicher de l’argent aisément mais c’est très dur de monter une équipe. Certains se posent même la question de développer leur partie technique en France pour profiter du génie français – les ingénieurs sont très bons ici, on n’a rien à envier aux Etats-Unis de ce côté-là !

 

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