[inOut] Demain, des transports en commun flexibles pour tous ?

Padam est une startup comme on en croise peu dans le paysage français. Par son coeur de métier tout d’abord, le transport à la demande dynamique, et par son histoire ensuite. Car elle a cette particularité d’avoir décollé en France et de s’être exportée très vite. Padam sera d’ailleurs des nôtres, à l’occasion de inOut du 28 au 31 mars. Présentations.

Créée en 2014, la startup a pivoté en 2016. « Nous étions orientés BtoC : nous proposions une application de transport à la demande pour les déplacements des usagers parisiens en soirée, qui étaient effectués en vans partagés », précise Thibault Lécuyer, directeur marketing. « Nous avons conçu notre propre algorithme de dispatch. En parallèle, nous avons constaté que les transports en commun avaient vraiment besoin d’être optimisés. » Padam s’est donc tournée vers les acteurs publics, et propose aujourd’hui un logiciel en SaaS de transport à la demande dynamique.

Le comment du pourquoi

En quoi cela consiste-t-il ? Thibault Lécuyer explique : « plutôt que d’avoir des lignes fixes de transport en commun, nous enlevons les lignes mais nous gardons les arrêts. » Bien sûr, ce n’est que la partie visible : sous la carrosserie, un moteur peaufiné à la précision œuvre au quotidien à assurer les déplacements des utilisateurs d’un point A à un point B, selon leur emploi du temps. Et à optimiser la gestion des flux des transports en commun.

Ainsi, Padam met à disposition trois outils : une application pour les usagers, une autre destinée aux chauffeurs pour connaitre le trajet à suivre, et enfin une interface de management pour les opérateurs de transport. « Nous avons développé un algorithme puissant : l’optimisation des flux se fait en temps réel. Les différentes options sont recalculées au fur et à mesure des demandes formulées par les utilisateurs, pour à la fois optimiser les trajets et assurer aux usagers qu’ils auront bien leur bus sur le créneau horaire indiqué », précise Thibault Lécuyer.

Le pourquoi du comment

Plusieurs cas d’usages ont été observés, et testés grandeur nature par Padam. Les premiers ou derniers kilomètres, qui nécessitent aujourd’hui l’utilisation de la voiture individuelle, et accentuent davantage le trafic dense dans des lieux comme les gares. Des lignes de bus très demandées aux heures de pointe, et désertées à d’autres moments de la journée. Des entreprises situées dans des zones d’activités qui envisagent de faciliter les déplacements de leurs salariés, sans faire appel à leur voiture personnelle. Et les modes de transports pour les personnes à mobilité réduite, qui doivent répondre aux besoins de ces usagers.

À ce sujet, Thibault Lécuyer souligne : « les entreprises ne doivent pas laisser ce sujet au seul secteur public, car nous avons aussi vocation à innover dans ce domaine. » Rennes Métropole a d’ailleurs lancé un appel d’offres pour répondre à cet enjeu, pour une approche inclusive du transport urbain.

De façon plus transverse, « notre solution est extrêmement pertinente pour les zones mal desservies, dans l’espace et dans le temps ». Padam est déjà présent en Île-de-France, à Lille, à Orléans, et à Padoue en Italie. Dans cette dernière ville, la startup a testé une solution hybride : le bus suit sa ligne fixe en heure de pointe, mais il devient flexible sur les autres créneaux de la journée pour répondre à la demande des usagers.

« À l’heure actuelle, les modes de transport en commun créent une offre en attendant que la demande y réponde. Avec notre solution, c’est l’offre qui répond à la demande. » Thibault Lécuyer ajoute « la satisfaction des utilisateurs est au rendez-vous, les coûts d’exploitation sont en baisse pour les opérateurs, et plus de personnes sont transportées chaque jour. »

Ziad Khoury, cofondateur de Padam, sera présent à inOut le 29 mars prochain et participera à la conférence « Quels services la « Mobility As A Service » peut-elle offrir ? »

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